Un Ciao dans la rue

février 3, 2012

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J’ai vu un Ciao devant l’hôpital de la Timone.

Je me suis souvenu de mon voisin qui faisait hurler le petit moteur de ce cyclo autour des bâtiments de la cité Py, à Montolivet.

J’ai pensé que c’était le deux-roues des minets qui mettaient le petit pull qui dégageait le nombril avec le pantalon à tergal au pli coupant comme une lame.

Je crois que c’était aussi le modèle de Piaggo le moins cher.

Je sais qu’il y avait une véritable typologie du cyclo.

Le Ciao (prononcez à l’italienne Tchiao), c’était réservé aux urbains, plutôt enfant de classe moyennes, les enfants d’ouvriers avaient le Malaguti à guidon cintré. A la campagne, mes cousins avaient plutôt des 103 Peugeot avec le réservoir sur la fourche pour aller à la piscine.

Je sais que le Ciao faisait un peu un bruit de moulin à café. Que les pédales tournaient quand il roulait.

Marseille était une ville phare pour le Ciao.

J’en pensé aux années 1970, à cette période légère, au lycée Saint-Charles avec tous les cyclos dans la cour. Je me suis souvenu que c’était dur de chaler (transporter derrière soi) une fille sur le porte-bagage d’un Ciao.

De tout façon, à l’époque, le lycée Saint-Charles n’était pas mixte, j’étais désespérément timide et je n’avais pas de cyclo.

J’ai pensé que le scooter avait détrôné le cyclo.

J’ai vu tout cela en regardant ce deux-roues sans phare.

 

Bref, j’ai vu un Ciao devant la Timone et j’ai souri.

Et puis j’ai écrit tout cela et Tonin m’a parlé de sa Bleue et ses mains gelées en Auvergne

Patricia de son Ciao et de l’immense fille blonde et belle qui roulait en Solex.

Richard a évoqué son rêve de Rumi.

Florence a avoué qu’elle ne voulait se faire chaler qu’en Dax.

Un ami s’est souvenu du Honda Amigo.

Catherine a repensé au bidon de Solexine.

Une autre m’a dit qu’elle roulait en Chappy.

 

Bref, nous sommes tous des enfants de cyclos.

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