Dans un voyage en train, on écoute des grosses dames qui téléphonent avec leur portable en parlant très fort. Elles préviennent toute leur famille de leur retard, à croire qu’il y aura plus de monde pour leur arrivée que pour une tournée électorale d’Obama.
Dans un voyage en train, on se demande pourquoi le jeune homme élégant n’arrête de tripoter son Iphone avant de s’apercevoir que l’on fait la même chose avec le sien.
Dans un voyage en train, on écouter avec plaisir une conversation en anglais entre deux jeunes filles souriantes.
Dans un voyage en train, on se souvient d’autres périples en TGV ou dans des trains étrangers avec une femme qu’on aimait et qui nous faisait aimer à la folie cette parenthèse enchantée entre deux lieux.
Dans un voyage en train, on voit passer des petits enfants qui rigolent en allant au wagon restaurant.
Dans un voyage en train, on se réveille en se retrouvant comme par magie sur le double viaduc ferroviaire d’Avignon, l’endroit précis où on avait ouvert l’oeil à l’aller.
Dans un voyage en train, on se demande comment font les monos pour canaliser les dizaines de minots qui ont envahi la rame après s’être éclaté au ski.
Dans un voyage en train, on se régale en regardant sur son ordi un petit film indépendant, “Juno” et bien entendu, comme c’est un vieux TGV et qu’il n’y a pas de prises électriques, cela coupe avant la fin.
Dans un voyage en train, on déroule ses pensées comme le paysage derrière les vitres.
Dans un voyage en train, les grosses dames téléphonent en hurlant : “Là nous entrons dans un tunnel” alors que précisément, il n’y a plus que réseau et que leur interlocuteur ne les entend pas.
Dans un voyage en train, on prépare tous son sac trop longtemps à l’avance et on attend entassé sur la passerelle entre les voitures.
Dans un voyage en train, on découvre une fille qui bouge bien, qui occupe bien l’espace, qui est habillé délicatement, comme une actrice américaine de film d’auteur, avec un joli pantalon rayé et on lui invente une vie, des projets, un emploi du temps serré et un journal intime dans son sac qui commence par : “Il y avait ce matin-là dans l’air un parfum d’été qui arrive et je ne me posais qu’une seule question…”

Ce serait la jeune Américaine inconnue du TGV Lyon-Marseille de 15 h 37 parti avec un quart d'heure de retard
Ce serait la jeune Américaine inconnue du TGV Lyon-Marseille de 15 h 37 parti avec un quart d’heure de retard

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