Retenir la nuit

décembre 22, 2007

 

Parler de soi agrandir

Parler des insomnies quand, comme un minot, on ne veut pas dormir pour profiter
Parler des films revus sur mon ordi, de Robert de Niro en flic complexé dans “Mad Dog and Glory” et de sa rencontre magique avec Uma Thurmann. Et de la scène géniale où il photographie le corps d’un mafieux abattu en dansant sur “Just a gigolo”.
Parler des programmes de la nuit sur toutes les chaînes, avec toujours une émission sur la Corse.
Parler de toutes les nuits, jolies ou tristes qu’on veut vivre comme des jours en lumière artificielle.
Parler d’une nuit dans le désert à Oman où j’ai vraiment dormi à la belle étoile, en traînant mon matelas dehors et où j’ai pu voir des milliers d’étoiles que j’ai d’ailleurs photographiées.
Parler d’un sourire
Parler de la plus belle côte de boeuf du monde
Chanter à mi-voix Dave pour partir du côté de Chez Swann:
On oublie, hier est loin, si loin d’aujourd’hui
Mais il m’arrive souvent de rêver encore
A l’adolescent que je ne suis plus.
On sourit en revoyant sur les photos jaunies
L’air un peu trop sûr de soi que l’on prend à 16 ans
Et que l’on fait de son mieux pour paraître plus vieux.

J’irai bien refaire un tour du côté de chez Swan
Revoir mon premier amour qui m’a donné rendez-vous sous le chêne
Et se laissait embrasser sur la joue
Je ne voudrai pas refaire le chemin à l’envers
Et pourtant je paierai cher pour revivre un seul instant
Le temps du bonheur à l’ombre d’une fille en fleurs.

On oublie, et puis un jour il suffit d’un parfum
Pour qu’on retrouve soudain la magie d’un matin
Et l’on oublie l’avenir pour quelques souvenirs.

J’irai bien refaire un tour du côté de chez Swan
Revoir mon premier amour qui m’a donné rendez-vous sous le chêne
Et se lassait embrasser sur la joue
Je ne voudrai pas refaire le chemin à l’envers
Et pourtant je paierai cher pour revivre un seul instant
Le temps du bonheur à l’ombre d’une fille en fleurs.

Et puis on montre cette maison toscane près de mon ancien lycée pour faire comprendre que je veux toujours savoir ce que vivent les gens derrière les fenêtres.

Sur mon blog vidéo (www.dailymotion.com/philippelazare), je croyais que je filmais des tasses de café et quelques verres. En fait, je me me trompais. Au début, j’essayais de faire des plans fixes de tasses mais j’ai vite élargi mon champ et mon propos. J’essaye de capter la vie, de comprendre tous ces instantanés d’existence qui me fascinaient, enfant, quand je n’entendais ce que se disaient les gens derrière les vitres. Je voulais savoir. Alors j’écoute dans les cafés. Les discussions, les enguelades, les rires, les pleurs. Et puis, au fil des films, je me suis aperçu que je parlais aussi de moi. De mes amours, de mes emmerdes. Pour les retenir, pour les inviter à boire un verre avec moi. Allez, un café, des cafés et l’addition de vies. Pour le plaisir.

Conversations au Stop Bar, Toulon. 

Café avec avancée, salle lumineuse près du marché du Mourillon. Des belles de 75 ans élégantes et souriantes qui ne renoncent pas avec leur petit béret et leur maquillage parfait, des médaillés de la Marine, des rugbymen qui arrivent avec un cocard à l’oeil, une serveuse attentive, un bébé centre de toutes les attentions, des bisous qui claquent. Conversations de café, bruits de vie.
“-Il n’a que trois mois? Il fait déjà garçon.
-Il ressemble à sa mère.
-Mais il tient beaucoup de ses soeurs.
(…)
-Je suis allé à la gare chercher mon billet pour aller en cure.
-Vous avez vu tous les morts au Pakistan?
-Eh toi le bébé, tu ne sais pas ce que c’est le Père Noël.
-Il faut toujours que j’ai ces pilules sur moi.
-Oh putain grand, tu as vu ce qu’il a à l’oeil -un cocard maousse costaud- Eh bien il a joué aux boules avec moi et il n’en chopait pas une. Je lui ai dit que la prochaine qu’il ratait, je lui mettais une rouste. Et j’ai tenu parole.
(…)
-C’est un petit magasin qui fait de la layette, un dépôt-vente.
-Quand c’est que je te vois que je te montre la PSP?”

<div><object width=”425″ height=”335″><param name=”movie” value=”http://www.dailymotion.com/swf/611QVXps1JTxPmWrR”></param><param name=”allowFullScreen” value=”true”></param><param name=”allowScriptAccess” value=”always”></param><embed src=”http://www.dailymotion.com/swf/611QVXps1JTxPmWrR” type=”application/x-shockwave-flash” width=”425″ height=”335″ allowFullScreen=”true” allowScriptAccess=”always”></embed></object><br /><b><a href=”http://www.dailymotion.com/video/x3971z_le-cafe-du-stop-bar_blog”>Le café du Stop Bar</a></b><br /><i>envoyé par <a href=”http://www.dailymotion.com/philippelazare”>philippelazare</a></i></div>

Une boucle bouclée à la Fourmi, Paris

Donc boucler la boucle des boucles. Revenir au début de l’histoire pour la clôre. Entrer et s’asseoir à “La Fourmi” après avoir monté la rue des Martyrs. Oublier de regarder l’égouttoir à bouteilles qui était accroché au plafond. Regarder autour de moi pour croire au miracle. Mais non. Pas de fille avec une boîte à peinture et une enveloppe. Personne pour m’engueuler parce que je voulais aller regarder son fourbi. L’histoire ne repasse pas les plats. Mais le lieu est toujours bruissant de vie.

 <div><object width=”425″ height=”335″><param name=”movie” value=”http://www.dailymotion.com/swf/qHMYWkuiFkEw1qokD”></param><param name=”allowFullScreen” value=”true”></param><param name=”allowScriptAccess” value=”always”></param><embed src=”http://www.dailymotion.com/swf/qHMYWkuiFkEw1qokD” type=”application/x-shockwave-flash” width=”425″ height=”335″ allowFullScreen=”true” allowScriptAccess=”always”></embed></object><br /><b><a href=”http://www.dailymotion.com/video/x3qtfz_la-biere-de-la-fourmi_creation”>La bière de la fourmi</a></b><br /><i>envoyé par <a href=”http://www.dailymotion.com/philippelazare”>philippelazare</a></i></div>

Dans une tasse dorée à l’or fin, à l’Elysée

Cela représente quelque chose comme un aboutissement. Une tasse filmée à l’Elysée, autour de la table du salon des Ambassadeurs où Nicolas invitait des journalistes de la presse quotidienne régionale. Ce n’est pas tant l’événement mais le plaisir de satisfaire sa lubie vidéaste au coeur de la maison du pouvoir. De plus, même si elle est un peu chargée, cette tasse est un patrimoine national que les connaisseurs apprécieront, avec sa porcelaine dorée à l’or fin. Tous les chefs d’Etat ont bu dans ce service à café de porcelaine de Sèvres qui date de 1848 et dont chaque tasse est unique. Précision : le café qui est servi n’est pas celui d’un percolateur mais d’une cafetière à piston. Quand les éditorialistes posaient des questions très sérieuses en s’excusant par avance d’être un peu corrosifs, je me suis échappé avec mon café et, comme jadis à l’école, mon regard s’est perdu dans les superbes jardins. Merci Nicolas!

<div><object width=”425″ height=”335″><param name=”movie” value=”http://www.dailymotion.com/swf/1gzO6nJVnXR0gjLCP”></param><param name=”allowFullScreen” value=”true”></param><param name=”allowScriptAccess” value=”always”></param><embed src=”http://www.dailymotion.com/swf/1gzO6nJVnXR0gjLCP” type=”application/x-shockwave-flash” width=”425″ height=”335″ allowFullScreen=”true” allowScriptAccess=”always”></embed></object><br /><b><a href=”http://www.dailymotion.com/video/x2sz9n_le-cafe-de-lelysee”>Le café de l’Elysée</a></b><br /><i>envoyé par <a href=”http://www.dailymotion.com/philippelazare”>philippelazare</a></i></div>

Espérer au Coolin, Paris

Donc attendre, “espérer” comme on dit en provençal et le mot a alors ce merveilleux double-sens des amoureux. S’endormir un peu à la terrasse du “Coolin”, marché St-Germain à Paris, en buvant un jus de “cranberries”. Penser aux photos de Weegee vues juste avant, à la précarité de la vie qu’il faut déguster avant que les tueurs du clan adverse arrive ou que brûle votre taudis new-yorkais. Ecouter les conversations en anglais à côté, aimer ce temps de la parenthèse, écrire vite fait un petit poème pour Mathias. Et puis la voir surgir dans mon champ de vision, pas tout à fait la même, pas tout à fait une autre. Blonde à cheveux courts, comme Jean Seberg qui hurle dans la rue “New York Herald Tribune, New York Herald Tribune!” Une autre histoire, à espérer, à raconter, à la une ou pas.

<div><object width=”425″ height=”335″><param name=”movie” value=”http://www.dailymotion.com/swf/EZsAr6y1DH9qkkvPv”></param><param name=”allowFullScreen” value=”true”></param><param name=”allowScriptAccess” value=”always”></param><embed src=”http://www.dailymotion.com/swf/EZsAr6y1DH9qkkvPv” type=”application/x-shockwave-flash” width=”425″ height=”335″ allowFullScreen=”true” allowScriptAccess=”always”></embed></object><br /><b><a href=”http://www.dailymotion.com/video/x2wsb9_le-verre-du-coolin_dating”>Le verre du Coolin</a></b><br /><i>envoyé par <a href=”http://www.dailymotion.com/philippelazare”>philippelazare</a></i></div>

Après les vagues, les sourires du Fortin, Marseille

C’est un bar comme je les aime. Un bar où l’on vous reconnaît et on vous salue. Le café du Fortin, à l’angle de la traverse qui mène à la plage de l’Abricotier, fait partie des petits bonheurs de Marseille. On y déjeune pour dix euros, il y fait bon et surtout le patron parle avec vous sans en faire trop. Ce jour-là, derrière le comptoir, il y avait un monsieur qui préparait un grand voyage en Egypte, Israël et Jordanie et c’était un bonheur de l’évoquer avec lui. De plus, il y a ces deux superbles fresques qui montrent les plages proches dans les années 1930 il me semble. Que demander de plus après avoir passé une jolie après-midi sur la plage à regarder les filles malignes et pétillantes?

<div><object width=”425″ height=”335″><param name=”movie” value=”http://www.dailymotion.com/swf/1yfO6M2BHJwzjixtu”></param><param name=”allowFullScreen” value=”true”></param><param name=”allowScriptAccess” value=”always”></param><embed src=”http://www.dailymotion.com/swf/1yfO6M2BHJwzjixtu” type=”application/x-shockwave-flash” width=”425″ height=”335″ allowFullScreen=”true” allowScriptAccess=”always”></embed></object><br /><b><a href=”http://www.dailymotion.com/video/x2mpeg_le-cafe-du-fortin_creation”>Le café du Fortin</a></b><br /><i>envoyé par <a href=”http://www.dailymotion.com/philippelazare”>philippelazare</a></i></div>

 Un café serré et tendre chez ma mère, Villes-sur-Auzon

C’est une sorte de Matisse, un tableau très composé chez ma maman avec verres et fruits, sur l’immense table de la salle à manger qui prend trop de place dans son appartement. Les tasses et le sucrier de ma mère, Angèle, sont comme elle, délicats et fragiles.

<div><object width=”425″ height=”335″><param name=”movie” value=”http://www.dailymotion.com/swf/317EkqBgUAI2c9prc”></param><param name=”allowFullScreen” value=”true”></param><param name=”allowScriptAccess” value=”always”></param><embed src=”http://www.dailymotion.com/swf/317EkqBgUAI2c9prc” type=”application/x-shockwave-flash” width=”425″ height=”335″ allowFullScreen=”true” allowScriptAccess=”always”></embed></object><br /><b><a href=”http://www.dailymotion.com/video/x1c2ia_le-cafe-de-ma-mere_creation”>Le café de ma mère</a></b><br /><i>envoyé par <a href=”http://www.dailymotion.com/philippelazare”>philippelazare</a></i></div>

 

J'ai envie agrandir

J’ai envie d’une chambre d’hôtes douillette donnant sur le Ventoux.

J’ai envie d’écouter Henri Salvador chantant “Jardin d’Hiver”.

J’ai envie que les histoires d’amour ne soient pas compliquées.

J’ai envie de retrouver une clé USB avec des photos précieuses.

J’ai envie de retourner nager au-dessus des poissons arc-en-ciel.

J’ai envie d’un regard souriant d’un engroudissement serein et d’un ventre confiant.

J’ai envie de vivre mille ans.

J’ai envie d’évidence.

J’ai envie qu’elle soit heureuse.

J’ai envie que l’OM brille en Ligue des Champions.

J’ai envie de ne plus être timide.

J’ai envie de perdre ma carapace.

J’ai envie que Mathias réussisse ses examens.

J’ai envie que l’actualité ne se limite pas à Nicolas et Ségolène.

J’ai envie que ma vie ressemble à des photos colorisées à la main.

J’ai envie de routes sinueuses, face au soleil, avec une amoureuse qui me parle en s’endormant à côté de moi.

J’ai envie de dire : “J’ai besoin de toi”.

J’ai envie d’être essentiel.

J’ai envie de refaire ma recette de pâtes avec des tomates et des sardines.

J’ai envie de ne rien oublier.

J’ai envie de tout imaginer.

J’ai envie d’être emporté.

Pour toutes ces envies, une seule image symbole.

<div><object width=”425″ height=”335″><param name=”movie” value=”http://www.dailymotion.com/swf/Gz2I8q4oD4pI7las7″></param><param name=”allowFullScreen” value=”true”></param><param name=”allowScriptAccess” value=”always”></param><embed src=”http://www.dailymotion.com/swf/Gz2I8q4oD4pI7las7” type=”application/x-shockwave-flash” width=”425″ height=”335″ allowFullScreen=”true” allowScriptAccess=”always”></embed></object><br /><b><a href=”http://www.dailymotion.com/video/x304sv_nocturne-corse_animals” mce_href=”http://www.dailymotion.com/video/x304sv_nocturne-corse_animals”>Nocturne corse</a></b><br /><i>envoyé par <a href=”philippelazarehttp://www.dailymotion.com/philippelazare” mce_href=”philippelazarehttp://www.dailymotion.com/philippelazare”>philippelazare</a></i></div>

California blues

décembre 5, 2007

Je me souviens, c’était en septembre 1991. J’avais 30 ans. J’avais pris des vacances seul en Californie, après une rupture et j’avais écrit une chanson. Je l’ai retrouvée. Elle s’appelait California Blues

“Je roule sur les higways

En m’demandant où j’vais

I go to the west

C’est tout c’qui m’reste

On the Golden Gate Bridge

J’en ai pris pour vingt piges

Peine de coeur pour amoureux naze

Alone in a jail in Alcatraz

Refrain

She’s falling in love

Elle m’a laissé tomber

She’s falling in love

I cry on the Frisco bay

J’ai le blues, blues, blues

California blues

Dans les forêtes du Yosemite

Je traîne un amour rongé aux mites

Little man under the giant sequoias

Je m’demande pourquoi, j’m'demande pourquoi

On the road one-o-one

Je cherche un motel, room single one

J’ai fait le plein de nostalgie

I’m singing with the radio DJ

Refrain

She’s falling in love

Elle m’a laissé tomber

She’s falling in love

I cry in Half Moon Bay

J’ai le blues qui loose

J’ai le blues qui frooze

Blues, blues, blues, California Blues

I remember the SF earthquake

Now I’m living a heart quake

Voyage aux States, foutue dérive

pour coeur brisé entre deux rives

How much kilometres to forget

Combien de stations pour que la musique s’arrête?

Huit heures de route pour Los Angeles

Les anges sont plumés, they’re homeless

Refrain

She’s falling in love

Elle m’a laissé tomber

She’s falling in love

Give me a gateway

J’ai le blues qui loose

J’ai le blues qui frooze

Blues, blues, blues

California blues

Les rues de Frisco font des mots croisés

Etre un homme libéré, it’s not si easy

Je cherche la solution

And I need a definition

Aht the end of Mission Street

Combien de lettres pour le mot triste?

J’ajoute des cases noires sur le plan

I want to go to Forget land

She’s falling in love

Elle m’a laissé tomber

She’s falling in love

Give me an other day

J’ai le blues qui loose

J’ai le blues qui frooze

Blues, blues, blues

California blues

I’m sorry, j’ai le Bourdon

Black and White, one more bourbon

Dans les rades face au Pacifique

Whith sad yuppies and the last beatnik

On the road, comme dit Kerouac

Strange travel, superbe couac

Anytime, anywhere

Ma chair dans ta chair

She’s falling in love

Elle m’a laissé tomber

She’s falling in love

Sadnes of a September day

J’ai le blues qui loose

J’ai le blues qui frooze

Blues, blues, blues,

California blues”

Pas si mal, jolie tristesse de voyageur solitaire. Il faut trouver une voix éraillée pour chanter ça.