Sans doute parce que la société occulte la mort, que la fin de vie pose à ce point problème qu’il faille légiférer, les gens développent une relation intime avec ceux qu’ils ont perdu. Si l’on en parle autour de soi, au-delà la pudeur normale et des réticences à se confier sur un sujet délicat, à provoquer la moquerie, les langues se délient. Avec ou sans le secours de la religion, ceux qui restent assurent qu’ils dialoguent parfois avec ceux qui ne sont plus. Ils y trouvent un apaisement ou de la force dans ce lien avec l’au-delà. Au-delà de soi, au-delà du chagrin. Ils le vivent comme quelque, chose de normal, d’important. Car le deuil, dans notre société, survient avec la maladie ou les accidents de manière de plus en plus violente. Nous ne jouons pas avec les fantômes, nous ne faisons pas tourner les tables. Nous essayons tous, avec nos petites stratégies ou nos grandes croyances de faire en sorte que notre douleur reste sage. Comme ce ami joggeur qui me confiait qu’après la mort de sa femme, il voyait toujours une tourterelle se poser sur son chemin dans le parc où il courait. Si vous voulez apporter vos témoignages, vous pouvez le faire sur le site laprovence.com dans le forum ouvert à cet effet et intitulé : “Quels liens gardez-vous avec vos morts?”. Le journal “La Provence” consacrera un dossier pour la Toussaint à ce dialogue avec les défunts.